L'Union européenne interdit le bisphénol A dans les contenants alimentaires

Une victoire pour la santé et l'environnement
C'est une décision attendue depuis longtemps : l'Union européenne (UE) a annoncé l'interdiction du bisphénol A (BPA) dans tous les contenants alimentaires. Cette mesure, entrée en vigueur depuis le 20 janvier 2025, vise à protéger la santé des consommateurs et à limiter l'impact environnemental de cette substance chimique controversée.
Pourquoi le bisphénol A est-il dangereux ?
Le BPA est un composé chimique largement utilisé dans la fabrication des plastiques et des résines. On le retrouve notamment dans les bouteilles en plastique, les revêtements intérieurs des boîtes de conserve et certains emballages alimentaires. Le problème ? Ce perturbateur endocrinien peut migrer dans les aliments et boissons, affectant le système hormonal humain.
Des études ont lié le BPA à divers problèmes de santé, notamment :
-Des troubles hormonaux,
-Une augmentation du risque de cancers hormonodépendants (sein, prostate),
-Des effets négatifs sur la fertilité,
-Un lien avec l'obésité et le diabète.
Une interdiction qui s'inscrit dans une logique de précaution
L'interdiction du BPA par l'UE ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs années, son utilisation était déjà réglementée. Par exemple, la France l'avait bannie des biberons en 2013 avant d'étendre l'interdiction à tous les contenants alimentaires en 2015. L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont également renforcé leurs recommandations au fil des années.
Avec cette interdiction généralisée à l'ensemble des pays membres, l'UE franchit une étape supplémentaire dans la protection de la santé publique.
Quelles conséquences pour l'industrie alimentaire ?
Les industriels disposent d'un délai de 18 mois pour se conformer à cette nouvelle réglementation. Cela signifie qu'ils devront trouver des alternatives sûres et durables au BPA.
Parmi les solutions envisagées :
-L'utilisation de plastiques sans BPA,
-Le développement d'emballages à base de verre ou de papier,
-Le recours à des revêtement intérieurs sans bisphénol.
Toutefois, certaines alternatives comme le bisphénol S (BPS) ou le bisphénol F (BPF) suscitent des inquiétudes similaires à celles du BPA. La recherche doit donc continuer pour garantir des solutions réellement inoffensives.
Une étape importante mais insuffisante ?
L'interdiction du BPA est une avancée majeure, mais elle soulève aussi des questions. De nombreux experts et associations environnementales plaident pour une évaluation plus large des substances chimiques présentes dans les emballages alimentaires. Certains demandent également un meilleur étiquetage pour informer les consommateurs des matériaux utilisés.
En attendant, cette interdiction marque une étape décisive vers une alimentation plus sûre et un environnement moins pollué par les plastiques contenant du BPA.